Au cœur aride de l’Ibérie, un Français nommé Didier Belondrade crée une sélection remarquable de Verdejo. Belondrade, son domaine, a été fondé en 1994, lorsque Didier a quitté sa ville natale de Montauban pour s’installer à Rueda, un village situé juste à l’extérieur de Valladolid. Il apporte un sens de la précision bourguignonne au cœur de l’Espagne – une vaste région souvent éclipsée par les zones viticoles plus célèbres de la péninsule Ibérique, situées en périphérie : la Galice, la Rioja et la vallée du Dão dans le Portugal voisin.
Dans cet article, nous vous proposons quelques recommandations rares de ce producteur sous-estimé. Lisez la suite si vous êtes amateur de vin blanc, de régions espagnoles méconnues, ou de cépages trop longtemps sous-estimés. Nous partons à la découverte de la région de Rueda et de la collection de vins expressifs et dignes de garde de Belondrade, qui ne manqueront pas de bouleverser vos attentes concernant le vin espagnol.
Rueda, son terroir et Belondrade

Rueda est l’image même de l’intérieur de l’Espagne : un petit village aux rues calmes et aux toits rouges, dominé par des flèches d’églises. Bien sûr, il est entouré de kilomètres de terres fertiles, brunies par le soleil, parsemées de vignobles luxuriants. Il est depuis longtemps connu pour ses vins blancs « de table » frais mais simples, mais a toujours manqué du prestige et du raffinement associés à une région viticole « sérieuse ». L’arrivée de Belondrade en 1994 a marqué un tournant pour toute la région.
Situés à environ 750 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le vaste plateau castillan, les vignobles reposent sur des sols de galets. La région a également été façonnée par le fleuve Duero, qui a déposé sous la couche arable des couches plus profondes d’argile et de calcaire. Rueda connaît un climat continental avec de fortes amplitudes thermiques – des hivers glacials et des étés chauds, généralement secs mais sans sécheresse extrême. Cette combinaison de sol et de climat est idéale pour équilibrer richesse et fraîcheur. Cela est particulièrement vrai pour les cépages blancs comme le Verdejo, originaire du plateau castillan. Didier cultive également une petite quantité de Tempranillo sur place, principalement destinée au vin rosé.
Les vins blancs de Rueda ont toujours été connus pour être abordables et simples. Belondrade repousse ces limites. Le domaine produit des vins haut de gamme, centrés sur le terroir, qui captent l’attention de celui qui les déguste – et celle des critiques. Didier a innové dans la région en introduisant des méthodes bourguignonnes dans sa cave. Il emploie des techniques telles que la fermentation en fûts de chêne et l’élevage sur lies pour les cépages blancs autochtones, créant ainsi des vins de garde qui subliment les caractéristiques naturelles de la région.
Aujourd’hui, Belondrade possède environ 40 hectares de vignobles, répartis en quelque 22 parcelles, chacune avec sa propre composition de sol. Didier a pris du recul ces dernières années, et les vignes sont désormais entretenues par le chef de culture Macario González Sánchez et l’œnologue de Belondrade, Félix Crespo Álvarez. Le domaine est entièrement biologique depuis 2010 et utilise des levures indigènes pour l’ensemble de ses vins.
L’Audition : Trois vins Belondrade à découvrir
Les enfants de Didier occupent une place importante au sein du domaine. Bien que Didier soit encore actif, son fils Jean est désormais le visage public de Belondrade. Les vignobles du domaine portent le nom de « Quinta San Diego », en hommage à un autre des fils de Didier. Et notre première recommandation, Quinta Apolonia, tire son nom de la fille aînée de Didier.









